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CHARLEVILLE-MEZIERES
ancienne usine de la Macérienne

inscrite le 31 décembre 2012




L’histoire de l’usine « la Macérienne » est indissociable de celle de son fondateur, Gustave Adolphe Clément (1855-1928), un des industriels français les plus novateurs de la fin du XIXe siècle. Il commence par se lancer dans la construction de vélos. Pour faire face au succès cette entreprise, il quitte Paris et fait construire en 1894 deux usines, l’une à Levallois-Perret, l’autre à Mézières. Mézières présente en effet des avantages : les fortifications ayant été déclassées, le maire rachète les terrains militaires pour les céder aux entreprises qui viennent s’installer sur place. La force motrice de l’eau est aussi présente. Enfin, la tradition de l’industrie métallurgique ardennaise a formé d’excellents ouvriers que Clément pourra facilement embaucher. Sur le site de Mézières seront produites les pièces assemblées dans l’usine de Levallois-Perret.


En 1894, l'architecte Dardenne achève la construction du grand atelier en pierre. Les façades sont ajourées de grandes baies et les trois niveaux sont couverts par une charpente métallique. Viennent s’ajouter le bâtiment des turbines et les bureaux de l’usine (1895-96), puis en 1897 un atelier pour le nickelage. Un grand atelier de stockage sera aussi construit en 1910 ; il garde extérieurement le même aspect avec ses façades en pierre, mais ici le couvrement est fait en poutres et poteaux de béton.


En 1908, Clément, toujours en pointe, ajoute la production de dirigeables à celle de vélos et de voitures. En effet, l’armée française entend bien concurrencer l’Allemagne dans ce domaine. Dans la même perspective, Clément s’engage dans la construction d’aéroplanes. En 1909, il ajoute à Clément le non de Bayard (le défenseur de Mézières) et transforme aussi le nom de la firme.


Clément-Bayard retrouvera son usine après la guerre, mais son heure de gloire est passée et c’est un homme âgé. Il a laissé en 1914 la direction de l’entreprise à son fils Maurice. Celui-ci réoriente la production de la Macérienne en la spécialisant dans la production de pièces en métal.


Les bâtiments, remarquables témoins du passé industriel de la ville, accueillent désormais une Scène Nationale de Musique Contemporaine.


Cette protection a été complétée par celle de la maison de direction située à côté de l'usine, le 6 juin 2014.



Charleville-Mézières - ancienne usine de la Macérienne - bâtiment de stockage, façade Est vers le Nord - Gilles Vilain - CRMH - 27/09/2011 Charleville-Mézières - ancienne usine de la Macérienne - atelier de nickelage, façade Est vers le Nord - Gilles Vilain - CRMH - 27/09/2011 Charleville-Mézières - ancienne usine de la Macérienne - atelier de nickelage et stockage, vue haute - Gilles Vilain - CRMH - 27/09/2011 Charleville-Mézières - ancienne usine de la Macérienne - grand atelier, 2e étage - Gilles Vilain - CRMH - 27/09/2011 Charleville-Mézières - ancienne usine de la Macérienne - façade Sud - Gilles Vilain - CRMH - 27/09/2011 Charleville-Mézières - ancienne usine de la Macérienne - toiture du nouvel atelier - Jean Fusier - CRMH - 27/09/2011